Comment ça marche ?

Il existe deux modèles de carte d'abonnement :

  • la carte courte durée, valable une semaine coûte un euro. On peut se la faire établir par une borne en libre-service et on paie avec une carte bancaire. La première demi-heure d'utilisation d'un vélo est gratuite, puis le tarif augmente avec la durée, jusqu'à deux euros de l'heure.

  • la carte longue durée, valable un an, coûte cinq euros. Il faut se la faire établir à l'avance, sur Internet. Elle sert de carte de prépaiement. La première demi-heure d'utilisation d'un vélo est gratuite, puis le tarif augmente avec la durée, jusqu'à un euro de l'heure. Une carte d'abonnement aux transports en commun peut également servir de carte longue durée à un tarif légèrement plus avantageux.

Il m'a fallu quelques minutes pour comprendre la logique de la borne en libre-service et obtenir ma carte courte durée. Encore un moment pour comprendre comment on retirait le vélo de sa borne d'attache et c'était parti ! Les vélos sont un peu lourds, mais stables et munis de bons freins. Avec le carter de chaîne et mes pinces à vélo fluo estampillées Chambéry Métropole, mon costume clair est resté propre. Les trois vitesses dans le moyeu sont adaptées aux itinéraires plats de la Presqu'ile et de la rive gauche, mais il ne faut pas espérer gravir Fourvière ou la Croix-Rousse ! Les vélo'v ont un panier à l'avant mais pas de porte-bagage à l'arrière, probablement pour éviter qu'une deuxième personne vienne s'y asseoir.

Ensuite, il ne me restait plus qu'à pédaler dans Lyon et Villeurbanne pour me rendre à mes différents rendez-vous ! Le Grand Lyon a réalisé quelques aménagements cyclables et en a d'autres en projet. Un embryon de réseau maillé commence à se dessiner en centre-ville. C'est cependant sur ce point qu'il reste le plus à faire : les itinéraires cyclables sont mal fléchés : on peut facilement prendre une rue dangereuse après avoir traversé un carrefour, alors qu'il existe une piste cyclable parallèle à quelques dizaines de mètres. Lorsqu'un aménagement cyclable est interrompu par un chantier (et ils sont nombreux dans l'agglomération lyonnaise), aucune indication ne dit comment poursuivre sa route. Enfin, comme dans beaucoup trop de villes, des voitures stationnent sur les bandes cyclables.

Le principe est de garder un vélo le moins longtemps possible, en l'accrochant à une borne dès qu'on en n'a plus besoin et à en reprendre un autre pour le trajet suivant. Là encore, il m'a fallu quelques minutes pour comprendre comment on accrochait un vélo'v à une borne, de façon à ne plus en être responsable financièrement. D'une certaine façon, on peut dire que Vélo'v est un service de vélopartage, à l'instar des services d'autopartage.

A qui s'adresse Vélo'v ?

Vélo'v est utile pour les gens de passage à Lyon. Une station est bien sûr implantée devant la gare de la Part-Dieu. Vélo'v peut aussi intéresser les personnes qui ne savent pas où garer leur vélo dans leur immeuble, ceux qui se mettraient bien au vélo, mais qui ne sont pas sûr que cela leur conviendra et qui ne souhaitent donc pas en acheter tout de suite. Vélo'v devrait aussi concerner ceux qui utilisent principalement les transports en commun, mais qui ont ponctuellement besoin d'un vélo, pour un trajet court malcommode en bus. Et bien que conçu comme un mode de transport utilitaire, il y aura sûrement des utilisateurs de Vélo'v simplement pour se promener. Toutes ces motivations hétérogènes repésentent certainement pas mal de monde. Un dossier de presse du Grand Lyon du 7 juillet indiquait 10 000 abonnés et 40 000 km parcourus depuis le 19 mai, avec une moyenne de 4 000 locations quotidiennes. La durée moyenne des location est de l'ordre d'une vingtaine de minutes, pour 2,8 km, la majorité étant inférieure à un quart d'heure et à 2 km. Les pics d'utilisation correspondent aux heures d'entrée et de sortie des bureaux : 8 à 9 heures, 12 à 14 heures et 17 à 19 heures. Il est prévu 1 800 vélos répartis sur 150 stations, distantes d'environ 300 mètres en centre ville pour l'automne 2005, puis 2 000 vélo'v supplémentaires d'ici 2008. Bien sûr, ceux dont le vélo est le moyen de transport principal préféreront continuer à utiliser le leur.

Un nouveau mode de déplacement urbain ?

La première qualité des vélo'v est de se faire remarquer ! Tout comme les vélos bleus de la Vélostation à Chambéry, on ne voit plus qu'eux dans les rues de Lyon. Leur gestion moderne, utilisant beaucoup d'électronique, leur donne une image branchée et valorisante : il devient normal de faire du vélo en ville.

Un des point critiques du système est la gestion de l'offre et de la demande. Lorsqu'on se rend dans une station, il faut à la fois y touver des vélos à louer et des emplacement libres pour accrocher le vélo qu'on a fini d'utiliser. Pour cela, les vélos et les bornes d'attaches sont munis d'équipements électroniques, permettant à un poste central de régulation de savoir en temps réel quelles sont les stations qui ont trop de vélos et celles qui en manquent. Des équipes circulent en camionnette pour déplacer les vélos, afin d'assurer cette difficile régulation. Ainsi, lorsque je suis revenu devant la gare de la Part-Dieu, toutes les bornes d'accrochage des vélo'v étaient occupées. Je n'avais plus qu'à attendre qu'une personne vienne en louer un pour pouvoir rendre le mien. Comble de malchance, cette personne a eu des difficultés avec sa carte bancaire et je n'ai eu mon train pour Chambéry que de justesse

Il est certes plus agréable de louer un vélo à la Vélostation, en étant servi par un employé. Cependant, la gestion automatisée des vélo'v rend le système disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en plus de 100 points. L'idéal serait probalement une solution mixte, avec du personnel d'accueil sur quelques points stratégiques, et un grand nombre de stations en libre service.

Si le service est proposé par la communauté urbaine du Grand Lyon, il est géré par la société JCDecaux, spécialiste du mobilier urbain financé par la publicité. Dans les années 1960, JCDecaux avait utilisé Lyon pour faire connaître un produit nouveau : l'abribus. On sait le succès qu'il a eu par la suite. Avec Vélo'v, l'entreprise compte aussi utiliser l'expérience lyonnaise comme une vitrine pour le concept, qu'il commercialise sous la marque Cyclocity.

Site officiel

http://www.velov.grandlyon.com/