Le numéro est un peu cher (9 euros pour une revue de 76 pages illustrées en couleurs), mais c'est la contrepartie d'une très faible quantité de publicité (6 pages sur 76, à comparer à ce qui est la norme ailleurs, qui atteint parfois 50%). Les publicités le sont d'ailleurs pour des organismes dont l'objet est proche de celui de la revue :

  • Unireso (regroupement des entreprises de transport public de l'agglomération de Genève)
  • Salon Bois contruire et habiter
  • Salon primevère
  • Catalogue des publications d'Orcades, Peuples solidaires, Ritimo et CCFD
  • Magasins du Monde
  • Association Transport et Environnement

Intitulé Sur la piste d'une mobilité différente, le dossier comprend plusieurs articles. L'introduction annonce nettement la couleur :

Pour accroître la part des utilisateurs des transports publics et doux en ville, il ne suffit pas d'augmenter l'offre et d'améliorer l'infrastructure. Il afut aussi rendre la vie plus dure aux automobilistes. Ce qui, de prime abord, ne paraît pas politiquement correct. Pour changer cet état de fait et rendre les espaces urbains plus vivables et plus vivants, plus respirables et plus accueillants, un véritable chantier s'ouvre à l'innovation sociale et culturelle.

Parmi les articles, on remarquera :

  • Brider l'essor des grandes surfaces, sources de trafic
  • Des milliers de ménages allemands préfèrent un petit jardin à une place de stationnement
  • Histoire d'autopartage. Deux témoignages de ménages sans voiture.
  • Se passer de la voiture demande beaucoup de savoir-faire. Probalement un des articles les plus intéressants sur la culture de l'automobile et cet espèce d'illettrisme des moyens de transport alternatifs. Selon l'auteur, Michael Flamm, : Aujourd'hui, seuls 10% des personnes de 25 à 45 ans n'ont pas le permis de conduire. Or, il est probable qu'une proportion beaucoup plus élevée de gens ne sache pas bien utiliser les autres moyens de se déplacer. Les générations d'enfants qui n'ont jamais vu leurs parents se déplacer autrement qu'en voiture auront plus de peine à imaginer utiliser d'autres modes de transport et à les maîtriser. Force est de constater que beaucoup de gens ne savent pas faire de vélo en ville, lire un plan ou un horaire de transports urbains. D'autres encore portent des chaussures ou des bagages incompatibles avec la marche à pied, souvent pour des raisons d'élégance. Pourtant, personne aujourd'hui ne renoncerait à la voiture pour continuer à porter une robe à crinoline, un chapeau haut de forme ou l'épée au côté !
  • Splendeurs et misères des différents moyens de déplacement en ville se présente comme un essai comparatif entre la marche, le vélo, les transports publics, l'autopartage, les deux-roues motorisés et la voiture individuelle. Tous les critères ne sont pas toujours très scientifiques. Par exemple, le vélo y est présenté comme 1,5 à 2 fois plus dangereux que la voiture et le casque y est préconisé, ce qui est très contestable. Malgré tout, les deux modes de transport obtenant le meilleure note globale (3 étoiles) sont la marche et le vélo, suivis pars les transports publics et l'autopartage (2 étoiles) .
  • Histoire de familles. Deux témoignages de ménages avec de jeune enfants, sans voiture ou n'utilisant leur voiture que le week-end.
  • Des entreprises aident leurs employé sà laisser leur voiture à la maison
  • Le tram-train, mode de transport hybride venu d'Allemagne

Bref, ce dossier de La revue durable est une lecture à recommander !