En gros, la thèse est la suivante. Il y aurait maintenant 13% de voitures en moins dans Paris, mais comme elles sont plus souvent prises dans des bouchons, elles pollueraient 60% de plus. Cette supposée hausse de la pollution est le fruit d'une déduction et non d'une mesure. Surtout, l'étude donne du grain à moudre à tous ceux qui semblent regreter l'époque où on croyait qu'il fallait à adapter la ville à l'automobile, par exemple deux journalistes (Jean-Louis Andreani, dans Le Monde du 23 décembre 2005, p.2 et surtout Jan Krauze dans le Monde 2 du 24 décembre 2005, p. 5). Fort heureusement, on peut lire d'autres réactions, comme celle de Cécile Nangeroni (Ville et transports magazine, 21 décembre 2005, p.6) ou de Jean Sivardière (Le Monde 2 du 31 décembre 2005, p. 4).

Il convient de rappeler qu'à Paris, 93 % de la surface de la chaussée  est actuellement dédiée à la voiture (source : 
http://www.debatdeplacements.paris.fr/concertation/diagnostic.php ) alors 13% des déplacements dans Paris se font en voiture. Ces chiffres ne sont pas exactement comparables, notamment parce le premier ne concerne que la surface de chaussée, à l'exclusion des trottoirs, alors que la marche représente plus de la moitié des déplacements. De même une part importante des déplacements faits avec les transports en commun utilisent des infrastructures hors voirie, qu'il s'agisse du métro, du RER ou des lignes de chemin de fer. Il serait intéressant d'obtenir des chiffres permettant une vraie comparaison, mais on peut cependant d'ores déjà déduire que l'automobile occupe une surface proportionnellement beaucoup trop importante (vraisemblablement entre trois et six fois) par rapport au nombre de personnes qu'elle transporte. En économie, on parlerait de mauvaise allocation de ressources.

Si on considère que l'objectif est de faire circuler des voitures, on peut, comme le font les auteurs de l'étude et certains journalistes, pester dans un embouteillage, à côté d'un couloir d'autobus qui semble vide, justement parce que la circulation y est fluide. Si on résonne en nombre de personnes transportées, il ne s'agit que d'une meilleure allocation d'une ressource rare : l'espace urbain.

La réduction de la surface consacrée à l'automobile à Paris n'a donc rien d'abusif. Elle est encore en deça de ce qu'il faudra faire dans un avenir proche.