Qui est l'auteur de ces phrases ?
Par Alain Caraco le vendredi 8 juin 2007, 22:02 - Politique - Lien permanent
Il faut envisager une décroissance sélective, avec un découplage dans la production –c'est-à-dire une réduction– des flux de certaines matières et des ressources énergétiques. Par exemple, pour le pétrole ou les ressources halieutiques, nous n'avons pas d'autre choix que de commencer à réduire notre consommation. Pour les ressources renouvelables, il faudra lever le pied pour permettre à la nature de se régénérer. Pour les ressources dont on peut anticiper la pénurie, il faudra opérer la décroissance. Il faut sortir de la culture du jetable, dématérialiser une partie de l'économie, remettre en place une économie qui repose sur les services. Il faut aussi mettre fin à la croissance du parc automobile tel qu'il existe, avec une majorité de modèles qui peuvent aller très vite et consomment beaucoup : il faudra faire en sorte que l'offre automobile soit différente. D'ici dix à quinze ans, aucune nouvelle automobile ne devra aller plus vite que 110 km/h ou 115 km/h.
C'est Nicolas Hulot, dans Le Monde du 8 juin 2007. Pourtant, ceux qui se considèrent comme les purs et durs de l'écologie en disent le plus grand mal. Les défauts de Nicolas Hulot sont connus : il se déplace en hélicoptère, travaille pour TF1 (le marchand de cerveau disponible pour les annonceurs) et fait la promotion de nombreux produits dérivés, au mieux inutiles, au pire polluants. Il reste cependant une des rares personnes aptes à porter un discours critique sur la croissance audible au delà d'un cercle restreint de partisans patentés de la décroissance.
Et pendant que les défenseurs de l'environnement se déchirent, les affaires des marchands de 4x4 continuent !


Commentaires
Il m'a quand même bien dégouté en refusant de prendre position pour les candidats qui avaient manifestement un vrai programme écologiste, voire même en ne se présentant pas sous la pression de TF1 :'-(
Bonjour,
Nicolas Hulot ne s'est pas présenté notamment parce qu'il ne le pouvait pas légalement. En effet, les fonds levés par sa fondation sont pour la plupart issus d'entreprises privées. Et toute sa campagne pré-annonce de possible candidature a été réalisée avec les fonds de sa fondation, donc avec des fonds d'origine d'entreprises. Or, la Loi prévoit que les financements des campagnes électorales tiennent compte de toutes les dépenses engagées par le candidat dans l'année qui précède la date du 1er tour. Donc, au regard de la Loi, Nicolas Hulot aurait bénéficié de financement d'entreprises pour sa campagne, ce qui est formellement interdit.
Ceci étant, ce qui est énervant chez lui, c'est son égo. Il est persuadé qu'il va sauver le monde, tout seul ou presque. Par exemple, dans le Grenelle de l'Environnement, il y a des ONG avec des milliers d'adhérents, comme France Nature Environnement ou Greenpeace. Et il y a lui, tout seul avec sa fondation (et ses milliers de signataires de pétitions, certes, mais ce ne sont pas des gens qui cotisent et agissent localement).
Bon, je dis ça, mais en même temps, je suis ravi que Nicolas Hulot soit autant médiatisé : au moins, on parle d'écologie pendant ce temps là !
The Green Tall Guy