L'année 2010 des TER Rhône-Alpes
Par Alain Caraco le vendredi 31 décembre 2010, 14:33 - TER Rhône-Alpes - Lien permanent
Petite rétrospective de l'année 2010, qui aura été mouvementée pour les TER Rhône-Alpes. Cet article se limite aux aspects politiques de la question (élaboration des horaires 2011). Bien sûr, il y aurait largement de quoi en écrire un autre sur l'exécution du service 2010 (retards, suppression de trains, gestion des intempéries et du dialogue social...)
10 février
Lors d'un comité de lignes réuni à Aix-les-Bains, les usagers et leurs associations apprennent que la remise en service de la ligne Bourg-en-Bresse - Bellegarde, dite ligne du Haut-Bugey ou ligne des Carpates, impactera les horaires de 40% des TER Rhône-Alpes. Les première propositions sont inacceptables. Si la nouvelle ligne permet aux TGV Paris-Genève de gagner 20 minutes sur un trajet de 500 km, la réorganisation des horaires en fait perdre autant sur le trajet Chambéry - Annecy, 10 fois plus court. L'offre entre Chambéry et Aix-les-Bains est réduite de plus de 25% et plusieurs trains sont remplacés par des cars entre Chambéry et Lyon. Cerise sur le gâteau, ce projet de service dégradé doit générer un surcoût pour la Région de 7,2 millions d'euros par an, que l'Etat refuse de prendre en charge, bien qu'il en soit à l'origine.
21 mars
L'union de la la gauche et des écologistes conserve la majorité au conseil régional et Jean-Jack Queyranne reste la président. En revanche, le poste de 1er vice-président, chargé notamment des transports, passe de Bernard Soulage à Bernadette Laclais. Les deux sont membres du PS, mais leur rapport au TER est différent. Bernard Soulage est à l'origine du cadencement de décembre 2007 et d'une forte augmentation de l'offre, y compris en heure creuse. C'est un des porteurs de la réflexion TER fois 4, qui prévoit un quadruplement du trafic d'ici 2030. Il n'hésite pas à s'opposer à la SNCF lorsqu'il le juge utile. Bernadette Laclais souhaite au contraire limiter le nombre de trains, tant pour en maîtriser les coûts que pour assurer une meilleure régularité en heure de pointe. Elle agit toujours en accord avec la directrice régionale de la SNCF, Josiane Beaud. Enfin, elle refuse de réunir les comités de ligne tant que leur rôle n'aura pas été redéfini.
Du printemps à l'automne
Les associations d'usagers des transports se concertent et font des propositions à la Région. Les projets d'horaires rectifiés ne sont cependant toujours pas publiés. Le vote des horaires 2011, qui aurait dû avoir lieu en juillet 2010, est reporté.
16 octobre
Bernadette Laclais réunit les 28 comités de lignes au siège de la Région, à Charbonnières-les-Bains. La réunion permet surtout aux usagers d'exprimer leurs plaintes sur la qualité du service et leurs inquiétudes sur les projets d'horaires 2011, qui commencent à être dévoilés progressivement.
20 octobre
Le projet d'horaires 2011 est enfin soumis au vote de la commission permanente du conseil régional. Surprise : il n'est soutenu que par le PS et l'extrême droite et il est rejeté par la majorité des conseillers régionaux (écologistes, front de gauche, droite). Mieux, la commission permanente charge Jean-Jack Queyranne d'écrire au ministre des transports pour demander la participation de l'Etat au surcoût créé par la ligne du Haut-Bugey, ce qu'il finit par faire le 17 décembre.
10 novembre
14 associations d'usagers des transports, dont l'ADTC Savoie, écrivent au président de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, pour exprimer leur mécontentement devant le projet de service 2011 des TER. Après une augmentation de l'offre ferroviaire de 15% étalée sur trois années successives, le projet horaire 2011 consiste en une régression. La Région a surtout veillé à réduire le surcoût du nouveau service (2,9 au lieu de 7,2 millions d'euros) et n'a que très partiellement amélioré le projet d'horaires présenté en février.
23 novembre
Les 14 associations signataires sont reçues par Bernadette Laclais et Josiane Beaud. Une écoute et des justifications, mais pas d'annonce de perspectives d'amélioration.
6 décembre
Josiane Beaud répond aux 14 associations entendues le 23 novembre. Il s'agit essentiellement d'une longue liste de justifications.
12 décembre
Le projet d'horaires 2011, bien que rejeté par les élus de la Région, est mis en service comme si de rien n'était.
15, 16 et 17 décembre
L'assemblée plénière du conseil régional vote la redéfinition des comités de lignes et une rallonge de 2 millions d'euros pour les TER, soit environ 0,5%. La concertation devrait reprendre dès le début de l'année 2011, avec un effet sur les horaires au mieux début juillet 2011. Cette enveloppe devrait permettre de faire circuler environ 150 000 trains.km sur 6 mois, ce qui reste très peu par rapport à la hauteur des enjeux
Et pour 2011...
Aux usagers et à leurs associations de continuer à agir pour faire du TER une alternative crédible face à la voiture, à savoir au moins un TER par heure, 7 jours sur 7, de 6 heures à 22 heures et plus lorsque le trafic l'exige. Aujourd'hui, il y a 40% d'abonnés parmi les voyageurs TER. 60% des clients du TER ne sont pas des pendulaires. Toutes les enquêtes connues montrent que les trajets pendulaires (domicile- travail et domicile-études) représentent moins de 30% des déplacements. Les déplacements non pendulaires (achats, démarches, soins, loisirs, vie familiale, associative, sportive, culturelle...) s'effectuent principalement en voiture. Toutes les petites économies figurant dans les horaires 2011 (fréquence inférieure à l'heure le samedi ou dimanche, remplacement de trains par des cars) ne donnent pas confiance dans le train et contribuent à maintenir une part modale élevée pour la voiture individuelle. C'est un (mauvais) choix politique, en totale opposition avec la plan climat, voté par la même la Région, qui ambitionne de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 et de les diviser par 5 d’ici 2050.
Bonne année 2011 à tous les lecteurs de Multimodal !


Commentaires
Bonne année 2011 et merci pour ce beau blog :-)