Véhicule sans conducteur : vers la grande convergence ?
Par Alain Caraco le jeudi 3 décembre 2015, 21:06 - Multimodal - Lien permanent
Plusieurs industriels travaillent actuellement sur le véhicule sans chauffeur. Le problème semble aujourd'hui plus juridique (qui est responsable en cas d'accident ?) que technique (les essais effectués en circulation sont concluants). La pression conjointe de l'offre et de la demande devrait permettre de de lever ce problème, à plus ou moins brève échéance. On pourrait alors s'attendre à une révolution de la mobilité en zone peu dense, celle dans laquelle il est impossible de faire fonctionner des transports en commun efficaces.
- la voiture individuelle de ceux qui ne peuvent pas conduire, n'aiment pas conduire ou conduisent peu,
- l'autopartage,
- le covoiturage,
- l'auto stop,
- le transport à la demande (TAD),
- les lignes de bus à faible fréquence et faible fréquentation,
- le taxi et le véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC type Uber).
On commanderait ainsi avec son smartphone un véhicule, qui arriverait devant chez soi en quelques minutes. On pourrait choisir des options :
- cher et rapide (pour 10 €, je vais à la gare en 10 minutes et je suis seul à bord). C'est le remplacement du taxi et du VTC.
- moins cher, un peu moins rapide (pour 5 €, j'accepte un détour de moins de 5 minutes pour prendre un autre passager). C'est le remplacement du covoiturage.
- bon marché, mais plus lent (pour moins de 2 €, j'accepte un trajet deux fois plus long, pour prendre plusieurs passagers). C'est le remplacement de la ligne secondaire de bus et du TAD.
Les réseaux de transports en commun traditionnels se concentreraient alors sur les lignes fortes (métro, tram, bus à haut niveau de service), qui sont à la fois attractives pour les voyageurs et dont le coût par passager transporté reste raisonnable pour les autorités organisatrices de transport. Dans certains réseaux, on peut facilement imaginer à la fois une division par trois de la longueur des lignes et parallèlement une augmentation globale de la fréquentation et des recettes, l'offre ayant été concentrée sur les lignes ayant le plus fort potentiel.
Il existe déjà des microbus sans conducteur, d'une dizaine de places, adaptés à ce genre de missions. Des expériences avec passagers ont déjà eu lieu à Lyon, Bordeaux et à La Rochelle. D'autres auront lieu prochainement en Suisse et en Californie :
- http://navya.tech/
- http://www.actu-environnement.com/ae/news/La-rochelle-experimentation-vehicule-sans-chauffeur-citymobil-24521.php4
- http://navya.tech/2015/11/carpostal-suisse-navettes-autonomes-navya-arma/
- http://www.mobilicites.com/011-4202-Le-minibus-autonome-d-easymile-a-la-conquete-de-la-Californie.html
Cette convergence ressemble un peu à celle qui s'est opérée autour du smartphone : un seul objet permet de téléphoner, d'envoyer des SMS, d'utiliser internet, de regarder la télévision, d'écouter de la musique et sert aussi d'agenda, de carnet d'adresses, de calculatrice, d'appareil photo, de moyen de paiement…
La grande convergence des véhicules sans conducteur interviendra t-elle dans quelques années, dans quelques décennies ou jamais ?


Commentaires
toutes ces technologies sont l'expression d'un progrès indéniable..mais elles sont toute un travers, et les voitures sans conducteur n'y échappent pas: elles ne créent pas de valeur ajoutée au profit du territoire parce qu'elles fonctionnent avec pas de personnel ou très peu et que la valeur se concentre dans de grandes multinationales extra territoriales..
Elles sont aussi le reflet d'une société sans croissance ou avec une croissance très faible dont l'un des effets est de supprimer les emplois peu qualifiés et de générer un chômage important et structurel.
A méditer...